Interview d’auteur/e/s: Martine Boudreau

Bonjour tout le monde, aujourd’hui nous allons continuer la nouvelle série d’articles. Je vous emmène donc à la découverte d’auteur/e/s qui ont bien voulu répondre à quelques questions concernant leur métier et sur leur/s roman/s. Ce rendez-vous aura lieu tout les mercredi. Et aujourd’hui, nous continuons avec Martine Boudreau.

1) Pourriez-vous me raconter comment vous avez commencé à écrire ?

J’ai toujours aimé écrire, j’ai longtemps tenu un journal intime (je sais qu’il y a une question là-dessus après, alors je n’en dis pas plus), mais c’est vraiment lorsque j’ai quitté mon pays natal, le Canada, pour venir faire des études en France que j’ai réellement pris goût à raconter des histoires dans les très longues et nombreuses lettres que j’envoyais à mes proches. C’était au début des années 90, alors j’écrivais de vraies lettres, sur du papier avec un stylo, que je postais, il n’y avait pas Internet à l’époque. Je ne racontais rien d’extraordinaire, des bribes de ma vie quotidienne, des scènes auxquelles j’assistais et qui me faisaient rire, mais je prenais le temps de décrire ça de façon amusante. L’humour et la légèreté ont toujours été présents. Mais ce n’était pas structuré, j’écrivais comme ça me venait. Ensuite, j’ai tenu un blog, qui existe toujours d’ailleurs, même si je ne suis pas du tout assidue. Ce blog est thématique, il est le complément de mon activité de correctrice et son sous-titre est « le blog d’une anti-fashionista du langage ». Je parle des expressions à la mode, encore une fois sur un ton léger. Pour ce qui est d’écrire un roman, j’ai un peu honte de le dire, mais c’est en en lisant d’autres et en me disant : « oui, c’est sympa, mais je pourrais en faire autant ». Je ne parle pas de grands auteurs, je parle de romans légers et amusants, c’est ce que j’ai toujours préféré lire. Alors un jour je me suis donné le défi de me lancer et de mener à bien une vraie histoire qui se tient.

2) Avez-vous déjà eu un journal intime, des carnets où vous releviez des citations, des pensées… ?

Oui, j’ai commencé à tenir un journal intime à l’adolescence et je n’ai arrêté que lorsque j’ai commencé à écrire beaucoup de lettres. Je préférais m’adresser à des gens et être lue. Du coup, c’est devenu plus intéressant, je veillais à ce que mes propos aient un minimum d’intérêt, du moins dans la forme.

3) Comment vous est venue l’idée de publier ?

J’ai longtemps eu la vague intention de mettre en forme et de tenter de publier les lettres dont j’ai parlé plus haut. J’avais même photocopié celles que j’avais envoyées à une amie, parce qu’en effet, le problème des lettres « à l’ancienne », c’est qu’une fois qu’on les a envoyées, on ne les a plus. Mais ça représente une somme de travail encore plus grande que l’écriture d’une histoire, il faudrait déjà tout recopier sur traitement de texte… Alors l’idée de publier m’est vraiment venue en même temps que celle d’écrire un roman. Mon métier de correctrice m’a amenée à découvrir l’existence de l’autoédition et je me suis dit que ça me conviendrait parce qu’il était hors de question que je soumette mon livre à des maisons d’édition, je n’avais pas suffisamment confiance en moi pour cela et je sais que je ne serais jamais parvenue à franchir le pas. Sachant que cette possibilité existait, je me suis dit que ça valait le coup d’essayer d’écrire un roman puisqu’il n’en tenait qu’à moi qu’il se transforme en véritable livre. Et j’ai pris la décision de publier sous un nom de plume. Je trouvais que mon vrai nom était beaucoup trop ringard et trahissait mon âge (bon, je l’avoue, j’ai 52 ans) ! J’ai choisi l’un de mes vrais prénoms, plus intemporel : Marie, j’ai gardé le B. de mon vrai patronyme et j’ai utilisé mon nom de femme mariée que je trouve très joli et littéraire, mais que je n’utilise pas vraiment dans ma vie quotidienne, ce qui a donné Marie B. Cartaillac.

4) À partir du moment où vous avez publié votre premier ouvrage, vous a-t-il été plus facile (ou plus difficile) de publier ensuite ?

Je n’ai pour l’instant qu’un roman de publié. Ce que ça m’a apporté, c’est la certitude que j’étais capable de construire une histoire. Mais j’ai aussi appris tout ce que l’autoédition représentait comme travail de communication. J’ai fait certains efforts, mais ce n’est vraiment pas mon truc, je n’ai pas du tout l’âme commerciale. Alors maintenant, je me dis que mon livre existe et je le laisse vivre sa vie. Je n’ai pas envie de saouler les gens. Il faut dire aussi que je ne peux pas y consacrer tout mon temps, j’ai mon travail de correctrice qui m’occupe déjà pas mal.

5) Pouvez-vous me parler en quelques mots de chacun des livres que vous avez publiés (ou s’il y en a trop, de quelques-uns de votre choix) ?

Mon seul livre s’intitule « Provisoirement ». C’est l’histoire d’une jeune institutrice du sud de la France qui accepte d’aller travailler un an en Bretagne en laissant derrière elle son amoureux, convaincue que leur amour survivra à la distance. Elle se fait néanmoins une nouvelle vie entourée de nouveaux amis, de collègues et va connaître quelques embûches. J’ai eu beaucoup de mal à décider dans quelle catégorie classer ce roman. Je l’ai d’abord fait lire à mon mari qui n’a pas été emballé, alors je me suis dit que c’était un livre de filles, et pourtant mon héroïne n’est pas du tout le stéréotype du personnage qu’on retrouve habituellement dans ce genre de livres : écervelée, gaffeuse et folle de fringues et de chaussures. D’ailleurs, je précise dans le résumé que le mot Louboutin n’apparaît pas une seule fois dans le livre ! En fait, c’est un mélange de roman sentimental, feel good, chick-lit, roman humoristique et une personne qui l’a commenté sur Amazon l’a même qualifié de petit thriller. C’est dommage d’être obligé de « rentrer dans des cases ». J’ai mélangé plusieurs genres, alors ça peut être déroutant.

6) Avez-vous des rituels pour écrire ?

Pas vraiment. Au début, j’écrivais pour faire des pauses dans mon travail, mais ça n’avançait pas vite. Puis j’ai donné un vrai grand coup pendant quelques semaines de l’été 2016 lorsque j’étais en vacances au Canada et que j’avais beaucoup de soirées libres. Mais depuis, le travail et la promotion m’ont accaparée et je n’ai pas trouvé le temps encore de m’y remettre.

7) Que voulez-vous transmettre à travers vos livres ?

Du plaisir et de la détente. Rien de plus, même si j’avoue que j’en profite parfois pour glisser un peu mes opinions personnelles.

8) Qu’éprouvez-vous avant la sortie d’un roman ?

De la trouille ! J’étais tellement peu sûre de moi que j’étais contre-productive au début, je dévaluais mon travail, alors ça ne donnait pas trop envie de lire mon livre. On me l’a fait remarquer et j’ai rectifié le tir.

9) Quels sont vos futurs projets ? (Nouveau livre…)

J’aimerais bien en écrire un autre, ne serait-ce que pour mettre à profit les critiques que j’ai reçues. On m’a reproché d’être trop elliptique, d’aller trop vite, de ne pas assez approfondir les situations et les personnages. Et c’est vrai. Je pense qu’au fond de moi je ne voulais pas déranger les lecteurs avec des développements trop longs, je redoutais de provoquer l’ennui, alors j’ai voulu que les situations s’enchaînent. Il est vrai qu’en tant que lectrice je ne suis pas très fan des auteurs qui ne vont pas droit au but, qui « s’écoutent écrire », il me semble que c’est une question de respect du lecteur. Mais il y a un juste milieu à trouver et j’aimerais essayer de l’atteindre dans un prochain ouvrage.

10) Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à vos lecteurs rêvant de devenir écrivain ?

Je ne suis absolument pas en position de donner des conseils à qui que ce soit, mais si vous insistez ! Je conseillerais d’écrire, tout simplement ! Il faut écrire pour son plaisir avant tout, même s’il est légitime d’avoir envie d’être lu. Et ne pas hésiter à se relire, à se faire lire et à retravailler. Il est difficile d’avoir des certitudes. Avec l’autoédition, on peut être certain d’être publié, mais pas de trouver son public. On a peut-être plus de chances de trouver son lectorat si on adopte un genre qui est à la mode et qu’on en reproduit fidèlement tous les codes, mais moi je ne fonctionne pas comme ça, alors je ne sais pas vraiment.

Voilà pour cette nouvelle interview 🙂

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Où trouver ses romans:
Provisoirement

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